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  • Photo du rédacteurParlons.anges

Ecrire

Ma fille, mon bébé, ma toute-petite, mon ange. Est-ce à nouveau le temps encore d'écrire ? Et de t'écrire à toi, et de t'écrire encore. Futilement, vainement, pareil à cet enfant qui écrit sur le sable alors que l'océan ne lui dévore sa trace.

Est-ce à nouveau le temps, pourtant un temps heureux, celui de l'arc-en-ciel de l'enfant rainbow'son, est-ce à nouveau le temps de t'écrire à nouveau ? Comme la lumière du fils éclatant ses iris aux larmes d'une soeur qu'il n'aura pas connue : le voilà l'arc-en-ciel, lacrymal et solaire.

Il y a, dans ce bonheur immense, un amour retrouvé par les yeux de ton frère. Il y a dans ce bonheur comme un trou de verdure, pas celui de Rimbault, ni du dormeur du val, mais le trou de verdure qu'a laissé ton empreinte.

Il y avait là, dans cette cavité, celle de la terre ogresse qui t'avait dévorée, dans cette cavité où seule ton éternel venait à se loger, où seul nos cœurs battaient du tien ne battant pas, du tien ne battant plus, dans cette cavité il y avait le silence, la pierre, l'inerte, la sécheresse immobile. Une grotte pariétale où tu es à jamais.

Pareil à cet enfant sur sa dune inutile, j'y grave encore ton nom. Et j'entends la chanson qu'on te chantait naguère, et que parfois tout bas je ne chante pas à ton frère. Sans un mot, sans lui dire, et sans lui faire porter le chant sourd et muet qui me resonne encore.

Alors oui je t'écris, pendant que toi tu dors, comme le chaman expie les mots. La mort. Les sorts.


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